Mak Manu RoadTrip

Mes plus beaux voyages n'étaient pas les plus lointains, mais ceux au bout de moi même.
 
AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 Récit du parcours italien (Rome 2006)

Aller en bas 
AuteurMessage
Mak Manu
Mak Manu
Mak Manu
avatar

Messages : 46
Date d'inscription : 19/08/2012
Age : 40
Localisation : Strasbourg

MessageSujet: Récit du parcours italien (Rome 2006)   Jeu 30 Aoû - 11:57

9 Juillet 2006 : Col du St Bernard => Aoste
33km, 50km/h moyenne, vitesse max : 65km/h


Enfin de la descente après ces journées de grimpette, et quelle descente !!!
Je voulais filmer ce parcours ci, et j’ai donc coincé mon appareil photo dans le porte carte de ma sacoche de guidon, afin de bien filmer. On file à tombeau ouvert, mais les quelques travaux de la chaussée, nous force à ralentir par endroit, puis, je dois aussi faire attention à ne pas m’emballer. La photo de mon fils est là pour me le rappeler ; on m’attend à la maison.
Certes c’est tellement grisant de filer comme çà, avec juste le bruit du vent. Le poids des bagages me colle à la route, et je suis quand même contraint à freiner de temps à autre, par petits à coup, pour éviter de fusiller mes freins, bien qu’ils aient bien chauffé au demeurant.
La route se finit dans la banlieue d’Aoste, et j’en profite pour vérifier ma vidéo. Hélas, les piles que j’avais mises n’étaient pas assez puissantes pour alimenter mon appareil photo, et c’est avec une énorme déception que je me rends compte que la descente des Alpes, ne fut pas enregistrée. Elle le restera seulement dans ma mémoire, alors que je voulais la faire partager avec mon frère resté à Strasbourg. Dommage. Une fois dans le centre ville d’Aoste, on cherche un petit hôtel pour la nuit. Le 1er est hors de prix, alors on passe à l’office du tourisme, afin d’avoir plus d’infos sur les possibilités d’hébergement. Finalement, après quelques essais, on trouve notre bonheur à 2 pas de la place centrale de la ville, là où est diffusé le soir sur écran géant le match de la finale. Une bonne douche, un petit somme, un petit en cas. Mon compère est achevé, il dort, ronfle, il est un peu perdu. Pourtant, le plus dur est fait, presque la moitié du chemin aussi. On a fait 500km sur les 1300 et demain selon toute logique, on devrait encore descendre. Je constate que les Alpes ont tué mon compère, physiquement, et peut être moralement. Pourtant, il devrait être motivé. Je pense à mon fils et je pense qu’il aurait aimé être ici si cela avait été compatible. Faudra que je l’emmène quand il sera plus grand. Finalement, on se décide à partir voir le match, mais avant, on en profite pour gouter une des spécialités du pays…Les Glaces !!! Avec la foule qui s’accumule sur la place, je me dis qu’une finale France-Allemagne aurait été plus sécurisante…en effet, qu’elle idée ait je eu d’emmener mon drapeau…



On est les seuls français au milieu de centaines de drapeaux italien…Tout se passe bien, à la mi-temps, on est même interviewé, par la télé locale. L’ambiance est tendue, et cela devient même risqué à cause du « coup de boule » de Zidane…heureusement on a perdu…sinon on nous aurait sûrement lynché sur place, et les policiers qui nous surveillaient, se détendent quand tout à coup dans la vague humaine, un italien passe autour de mon coup son drapeau.



D’autres voulaient récupérer le mien en vue de le brûler…mais quelle idée…c’est du sport, pas une guerre…mais bon les imbéciles n’ont pas de nationalités… Bref, on sympathise avec Marco, un italien francophone avec qui on passe une bonne fin de soirée à fêter l’événement.

10 Juillet 2006 : Aoste => Vercelli
133km, 17.4km/h moyenne.


La journée de « merde »…
Réveil à 9h00 et départ à 10h30 avec déjà une grosse chaleur. On se perd pendant une heure avant de trouver le bon chemin sur une nationale…En Italie, on oublie la piste cyclable…ils ne connaissent pas…On descend, on descend, mais on n’avance pas…un vent de face nous force même à pédaler pour avancer…vitesse : 11km/h, et que c’est frustrant, rageant. Cette fois on ne tient plus, forte chaleur, vent, camions et les insultes commencent à pleuvoir sur nous, à cause de ce foutu match. Les italiens ont très vite pris la grosse tête. C’est vers 16h30 que l’on s’arrête pour manger et se reposer. Puis la galère continue jusqu’à Ivrea, où même les bus se rabattent sur mon vélo. Là, je commence à être bien énervé, même si je tente de garder mon calme, car, je sais que çà ne changera rien de gueuler. C’est vers 21h30 que l’on arrive à Viverno et son lac, où l’on pensait camper…Le coin est boueux, on s’enfonce dans le sol, et le pire sont les moustiques…par centaines, par milliers, mon compère à déjà 34 piqures sur un seul bras le temps que le regagne la route. La nuit tombe, et on décide donc de repartir pour chercher un coin plus paisible, et moins « habité ». Déjà 100 km de fait, et c’est reparti pour 30 de plus après une journée plus qu’épuisante moralement et physiquement. On s’équipe donc pour la rouler la nuit. Lampe avant, arrière, gilet fluo, lampe frontale et « stick light ».
Rouler en Italie la journée est déjà dangereux en soit, alors mieux vaut prendre un maximum de précaution pour la nuit. On roule à fond, dans l’obscurité, les moustiques se cognent contre mon front, mes verres de lunettes comme sur un pare brise. On est harcelé de partout. Le chemin est bien plat, il semble que le paysage est plat, et donc on cherche un champ où se poser. C’est là que je constate que le champ en question n’est rien d’autre qu’une rizière…et je comprends pourquoi les moustiques sont légions. Il nous est impossible de rester, on doit continuer. Je sens que mon compère en peut plus, il râle contre lui-même, peste, il est à bout.
On parvient à Vercelli vers 0h30, et en allant voir un plan de la ville afin de voir la configuration de la ville, je crève la roue arrière sur un tesson de bouteille. On se décide donc d’aller en centre ville pour trouver un hôtel, mais tout semble fermé sauf un glacier.
On s’y arrête pour se reposer et manger. Là, mon compère n’arrive même plus à finir sa glace, et je comprends qu’il est vraiment au plus mal. Tout commence à fermer, on se refugie alors dans la gare et j’en profite pour réparer ma roue. C’est alors que la police nous chasse en dehors, nous laissant à notre sort sur la place. Toujours harcelé, mon compère s’habille de la tête au pied, se couche sur un banc et colle son gilet fluo sur la figure pour essayer d’éviter les bestioles aussi agressives que nombreuses.



Je tente de lui remonter le moral, de le motiver, mais s’en est trop pour lui. Il m’annonce que le lendemain, il prendra le train pour rentrer à Strasbourg. Je le laisse finalement dormir tant bien que mal, et je monte la garde, pour éviter les ennuis. Une nuit blanche en perspective, qui me laisse le temps d’accuser le coup, mais je garde espoir. Personnellement, je ne peux pas abandonner. Je pense à mon fils, mon frère, mes amis, et je ne peux pas laisser tomber comme çà. « La garde meurt, mais ne se rend pas », résonne dans ma tête, et ce n’est pas des moustiques ou des insultes qui me stopperont.
Au matin, mon compère prend son billet, et c’est avec une émotion certaine, que je le vois partir.

11 Juillet 2006 : Vercelli => Vercelli (Journée de repos)


Au matin, mon compère prend son billet, et c’est avec une émotion certaine, que je le vois partir. Je suis KO, par la veille, par la nuit blanche, par toutes ses émotions. J’ai vraiment besoin d’une journée de repos, ne serait ce pour dormir. Je trouve enfin un hôtel miteux, mais ne voulant pas surenchérir sur les « emmerdes », je prends quand même la chambre. La douche est froide, mais j’en profite quand même pour faire ma lessive. Je téléphone à la maison pour annoncer les derniers événements. Mes amis m’apportent soutient et réconforts, ce qui arrive à m’émouvoir, et qui renforce d’autant plus ma motivation. Enfin, ma mère me réapprovisionne mon compte bancaire, bien que ce ne fut pas nécessaire, pour s’assurer que je ne manquerai de rien ; merci quand même au staff familial.
Je suis donc regonflé à bloc, et allégé de la tente, que j’ai laissé à mon compère, car, je ne pense pas en avoir besoin tellement les nuits sont chaudes, mais le pari est risqué.
L’aventure, prend une autre tournure, je suis désormais seul, dans un terrain relativement hostile à cause de cette coupe du monde de foot.
Une fois reposé, j’en profite pour visiter la ville, faire des courses. Je m’essaye à l’italien avec mon guide de conversation, car, je ne parle pas la langue locale, mais je fais l’effort. Cependant, malgré mes efforts, je suis confronté à la moquerie, ce qui me donne envie de leur répondre en anglais ou en allemand. Ce problème me poursuivra tout au long du chemin, j’en conclus qu’en Italie, peu de gens parlent des langues étrangères. Bref, tout cela me laisse un gout amer.

12 Juillet 2006 : Vercelli => Boscano
108km, 17.4km/h moyenne.


Départ plus tard que prévu vers les 10h00, après quelques cappuccinos. Ici, l’expresso prend tout son sens. 30 seconde pour le préparer, 2 pour le boire pour les locaux. Je roule, je roule, et m’arrête à Pavia, pour retirer de l’argent, me manger une pizza, boire une bière puis reprendre la route après avoir écris à mon fils et un ami. Maintenant que je suis seul, mon objectif est d’atteindre Rome au plus tôt et de visiter après. L’ambiance exécrable me pèse, quelle mauvaise idée d’être partis en pleine coupe du monde…surtout celle-ci.
Ce soir, c’est ma 1ère nuit en solo au fond d’un champ. Je me suis bien caché, mais je redoute que l’orage qui est au loin me trouve, d’autant plus que ma tente est désormais à Strasbourg avec mon compère qui lui est bien arrivé. Mon campement se limite à une couverture de survie posée au sol, avec mon tapis de sol posé dessus. N’étant pas tranquille, je dors habillé, mon couteau suisse ouvert sous « l’oreiller » à portée immédiate. Finalement, l’orage passe au loin, et je finis par m’endormir tardivement toujours en compagnie de ces moustiques.

13 Juillet 2006 : Boscano => Fidenza
98km, 19km/h moyenne.


Pas terrible la nuit, j’ai mal dormi, et pour une fois le départ se tôt à 8h30. Durant la nuit, mon vélo m’est tombé dessus, car la béquille s’est cassé…La matinée m’est favorable, je roule plus vite (22km/h en moyenne), je trouve un café, m’y arrête pour boire mon cappuccino. En fait, c’est tellement bon que j’en prends 3. Serait ce çà mon carburant ? En arrivant à Piacenza, je cherche un réparateur de cycle pour changer ma béquille. Je trouve un 1er magasin, qui me renvois sur un autre, car je veux une béquille double. C’est plus solide, plus stable aussi. Je cherche, mais ne trouve pas, c’est alors que j’interpelle un cycliste pour me renseigner. Celui-ci me ramène au 1 er magasin…le vendeur lui explique que je suis déjà passé, et me revoilà reparti avec mon « guide » chez un grossiste. Enfin des personnes aimables, serait ce la solidarité « cycliste » ? On discute, je raconte mon parcours, mon objectif, et ce grossiste fouille tout son atelier pour me trouver la dernière double béquille qui lui reste, me l’installe et me fait même une réduction. Drôle de chemin. Un jour tout va mal, le lendemain, tout va bien…c’est ainsi la Route. Finalement, il y a du bon partout, mais faut il encore le trouver. La bonne humeur reprend le dessus et ca me fait un bien fou. Je pense aussi à m’acheter un répulsif anti moustiques ainsi qu’une crème apaisante.



14 Juillet 2006 : Fidenza => Zarzana
138km, 16.9km/h moyenne.


Super nuit à l’hôtel où je disposais de 3 lits, une méga salle de bain, et les séries à la TV, en plus, on m’offre le petit déjeuner. Je roule jusqu’à Fornotavo di Taro. Le Taro est censé être une rivière…



S’en suit, une belle grimpette de 30km sur la nationale 62…pour finir sur une belle pause au resto à midi, une recharge bien nécessaire pour arriver au "Passo della Cissa" (1041m). L’accueil des italiens est un peu meilleur, bien que parfois, le ton hausse quand certaines voitures passent très près du vélo…mais pas encore trop près…par chance. Enfin, un peu de répit pour mes mollets, et je fonce en pleine descente, jusqu’à Berceto… et légère erreur de trajet mais rien de bien dramatique.



La route se poursuit donc toujours en descente vers Pontrémoli, ville de naissance de Pinocchio.



J’y mange ma pizza en début de soirée, et je continue jusqu’à Aulla, où je devrais trouver un hébergement selon la liste fournie par l’AIVF. Une fois sur place, la soi disant « adresse » est un musée…bref, aucun moyen de trouver un coin, donc je repars vers Zarzana. En y allant, je franchis ligne symbolique des 1000km. C’est vers 21h30 que j’arrive au bord de mer à Zarzana. Le milieu m’est complètement, étrange, c’est plein de monde en short, de bruit, de musique...c’est la plage…
Finalement, je finis par trouver un bed & breakfeast que je dois partager avec un italien un peu louche. Je prends une bonne douche qui est bien nécessaire. Aujourd’hui, j’ai battu mon record de distance avec 138km, mais aussi celui de la plus longue étape : 8h07.
Bref, pour un 14 juillet, je n’ai pas démérité. Comme il n’est pas trop tard, je fais un tour dans la ville qui s’avère être une station balnéaire.
C’est plein de peintres qui travaillent la nuit à la lueur de lampe d’appoint. On y voir rien, et je me dis que ce qu’ils vendent ont du être peint la journée. Bref, le coin à « gogo-touristes », et « attrape-couillons ». De mon coté, je sens l’iode de la mer, je suis ko, mais content. Demain, je passe à Pise, j’en profiterai pour acheter une nouvelle carte SD et une carte postale pour Matthieu. Si je maintien cette allure, je devrais arriver à Rome dans 5 jours.

15 Juillet 2006 : Zarzana => La Sterza
118km, 18km/h moyenne.


La journée commence bien malgré une nuit passée sur le tapis de sol…car, le gars louche ne m’inspirait pas confiance. J’ai dormi à moitié, le couteau sous l’oreiller…puis pas de bol…il ronflait…bref, une nuit assez spéciale. Cependant, j’ai trouvé 10€ sur la route en partant, de quoi me payer la moitié de la nuit passée…Je roule vers Pise, mais çà ne vient pas. Je passe à Carrare, avec ses marbres. Le coin est rempli d’ateliers qui présentent leurs œuvres sur le bord de la route. Un vrai musée en plein air, par contre, la mer est pas loin, mais je ne la vois pas…une foret de pin me cache la vue. Peu avant Pise, je me fais une pause rafraîchissante, et en repartant, le vélo se couche et un « serre flex » qui traînait me griffe la cuisse. J’ai enfin pu sortir ma pharmacie et jouer au doc…(n’empêche qu’à ce jour, j’ai toujours la trace de la cicatrice qui ne bronze jamais…). Une fois soigné, je reprends le guidon à travers une foret de pins et de prostituées. Un arbre, une fille, un arbre, une poubelle, une fille, un arbre, une fille un déchet de canapé. Bref, une décharge rempli de filles et d’arbres en gros…
Enfin, j’arrive à Pise et sa nuée de touristes.



C’est pire que le marché de Noël à Strasbourg. Je trouve ma carte pour Matthieu, celle pour l’appareil photo, un Pinocchio pour mon frère, et fais mon tour moi aussi. Quelques photos, puis je repars vers Pontedera. Une fois là bas, je me perds, mais je sais que je suis vers la bonne route, car, le soleil est à ma droite. Je désespère avec ma crédenciale, je n’arrive jamais à la faire tamponner par un curé, mais seulement par mes bars, et restos où je fais halte. Ce soir, j’ai trouvé un resto sur le bord de la route dans un coin paumé. Je m’y arrête pour y manger et boire, me faire une pause avant de trouver un coin où dormir. La carte SD a bien entamé le budget, et ce soir, je veux dormir dehors.
Au fur et à mesure que j’attends ma 4 fromages, les tables commencent à se remplir, et je constate que toutes les tables étaient réservées. Tous plein de personnes en costards, se retrouvent mais personnes ne se connaît visiblement.
Finalement, ma pizza arrive, et c’est en la mangeant que je comprends pourquoi tout le resto est complet…C’est en ayant mangé la plus savoureuse des pizzas, que je repars dans la nuit me trouver un coin.
Je roule encore 1h, je galère avec les panneaux indicatifs, mais je trouve un champ. Dans un coin caché derrière une meule de foin, je pause mon mini camp.



Couverture de survie, tapis de sol, sac de couchage. Ce soir, je suis heureux et content. Le ciel est noir comme le café, et les étoiles brillent comme des points argentés. Ce soir, je sais que Rome est à coté, et j’ouvre une bonne bouteille de Toscana pour fêter çà. J’écoute ma musique, bois un coup, écris mon carnet, et profite de la belle nuit qui s’annonce.

16 Juillet 2006 : La Sterza => Montéroni d’Arbia
96km, 14.6km/h moyenne.


La nuit fut bien tranquille et belle. Je décolle vers les 9h30 près un bon petit déjeuner pour rejoindre Voltera. Je me maudis moi-même…10km de pure grimpette…j’en bave, mais je tiens. Une fois en haut…car, le village est perché sur une pointe rocheuse…(en gros…soit on contourne le village, soit on y passe, mais faut vraiment savoir pourquoi on y va….).



Le village est sympa, la vue est imprenable, et rien que pour avoir eu une belle surprise, je ne regrette pas…En effet, j’y ai retrouvé sur la place principale, un vieux guitariste que je connaissais de Strasbourg…Bref, 1 chance sur des millions de le recroiser là par hasard.
Par contre, le village est bien touristique, et la bière est imbuvable…et chère…Bref, je ne m’attarde pas et je redescends ce que je venais de monter…Plus loin sur le chemin, je fais une pause avec 2 cyclos que je viens de rencontrer. On discute de matos, parcours en buvant une bière. Ils ont sur leurs vélos, un klaxon à air comprimé qui à l’air sympa (je m’en suis acheté un depuis…top !!!), et je leur explique le principe du tube à eau et des « light-stisck ». Je leur en donne quelques uns au passage…Eux aussi vont à Sienne, et on parcourt les 30km restant ensemble. La Miss est bien KO, donc on se fait une pause au milieu des champs pour grignoter. Une fois à Sienne, ils vont au camping, et moi je me cherche un hôtel. Cependant, les tarifs sont excessifs, mais en plus y a pas de places. Enfin, c’est joli comme coin, çà à l’air sympa, mais comme d’habitude, c’est plein de touristes. Donc, je me décide à repartir après avoir fais le tour de la ville. En sortant, je vois enfin mon 1er panneau indicateur : Rome 215km.



Je continue encore 15 bornes pour finir dans un hôtel très moyen, où la tenancière ne trouve même pas le tampon de son établissement. C’est bien la merde, mais ce n’est pas cher…on ne pas tout avoir. Je sors le soir me manger ma glace, et je téléphone à mon compère pour lui raconter les dernières nouvelles, et que je suis proche de Rome.



Demain, faudra que je fasse attention, car la route est de la nationale, et comme c’est Lundi, ce sera plein de camions…J’ai hâte d’arriver.

17 Juillet 2006 : Montéroni d’Arbia => Bolsena
100km, 18.3km/h moyenne.


Belle journée où j’ai rencontré 3 cyclos au cours des « montagnes russes ». 2 allemands & 1 italien. Au bar, on fait plus ample connaissance, et les allemands vont à Rome, et l’italien se fait un parcours jusqu’en Sicile en longeant la mer.



Finalement, on décide de passer la soirée ensemble. On fait les courses au supermarché du coin, puis on se pause ai bord du la c de Bolsena au camping. Là, on se fait une grosse bouffe tous ensemble, on déconne au point même de déranger les campeurs « fatigués » d’à coté.
Au petit matin, on se fait le petit déjeuner, et je donne une bonne partie de ma pharmacie à Yvan (l’italien) pour la suite de son parcours, ainsi qu’un « light stick », le café, le sucre, et encore pas mal de choses qui ne rentrent plus dans mes sacoches. Celles-ci d’ailleurs accusent le coup et ne tiennent que fermées par des épingles à nourrice. Quoiqu’il en soit, je m’en fous, demain je serai à Rome.

18 Juillet 2006 : Bolsena => Rome
110km, 17.5km/h moyenne.


Méga petit déjeuner ce matin, Yvan est le 1er levé à 7h00 et part le 1er…de mon coté, je me sépare du duo allemand devant le supermarché, après avoir galéré comme d’habitude à la réception du camping…encore un footeux. Bref, je pars en solo, les allemands restent 1 journée pour se reposer. Çà monte, puis descend, remonte et ainsi de suite, je suis sur de la nationale et çà roule vite à coté. Les camions brassent l’air, bref, c’est galère, j’ai plus l’impression de conduire un cerf-volant dans un orage… Plus je roule, et plus çà me parait loin, je ne vois pas la fin de la route, pourtant le compteur tourne. Quand enfin, j’arrive sur un tronçon moins fréquenté, il faut que je m’engueule avec un gars qui passait encore trop près du vélo. Je sens que je suis bien fatigué de la journée, mais aussi du voyage.
Je décide donc de rouler plus tranquille et de profiter pleinement de mon arrivée. Car dans le fond, je n’allais pas pourrir ce moment là avec un couillon. Vers 17h00, j’arrive dans la banlieue de Rome.



Un gars me guide vers le centre et je finis enfin par arriver devant la Place St Pierre…Je suis profondément heureux, fatigué, mais fière du chemin parcouru.
J’ai réussi mon défi, et j’exulte ma joie au téléphone.
Le chemin est fini…mais pas les galères….



Il est 18h…et je dois trouver un hôtel…que je trouve finalement près de la gare Termini.
Cher, confortable, mais sans garage….

19 Juillet 2006 : Rome

Après ma nuit de visite, puis de repos, je me rends à la gare de Termini, pour y acheter mon billet de train retour. Là, la galère commence…je demande un billet Rome-Strasbourg avec mon vélo. Impossible selon la guichetière qui selon moi, ne veut pas s’occuper de ce problème. Je demande alors le supérieur, car, je ne vais pas laisser mon vélo ici. Solidaire de son employée, il refuse de me fournir mon billet. 2h d’attente pour rien… Finalement, je me dis que je poserai mon vélo dans le train le lendemain au « forcing ».
En Italie, à Rome, on ne pas mettre son vélo dans le train…même dans les pays les plus sous développés, cela reste possible…J’en retiens que rien ne sert de s’énerver. On n’y à rien à y gagner. En partant, j’aperçois une « clocharde », qui sans gêne, défèque sur un quai et s’essuie sur une colonne…j’en reste sidéré, mais plus rien ne m’étonne dans ce pays. Comme il me reste encore du temps, alors, je repars me promener en ville, puis me prépare ma dernière soirée romaine. Je suis bien content de rentrer à la maison, j’ai hâte de retrouver mon chez moi et enfin un endroit où les choses fonctionnent.
C’est vers 3h00 du matin, que je finis par m’endormir.

20 Juillet 2006 : Rome

Le réveil est ….assez dur. Le bruit du marché devant l’hôtel me réveille vers les 6h00. Curieux de l’agitation, je regarde par la fenêtre, et il manque quelque chose. Mon vélo à disparu…je n’y crois pas, alors je descends…mais je n’ai pas rêvé…y a plus rien si ce n’est que le vestige de mon cadenas.



Cette fois, j’en ai plus que marre, je remonte dans ma chambre, prépare mes affaires, et je fonce à la gare. Marre de ce pays, alors je rentre chez moi par le 1er train. D’ailleurs, mon problème de vélo s’est résolu par lui-même du coup…
C’est avec une grosse rage au ventre que je prends mon train. Rome-Milan d’abord…puis je dois changer. Le train repasse par les endroits que j’ai parcourus, et je repense à tout le chemin, les bons et mauvais moments que je viens de vivre. Mais malgré les émotions, je ne laisse rien transparaitre. Bref, c’est l’heure du bilan. Une fois à Milan, je dois changer de train, mais une fois sur le quai, je vois 2 trains « Bâle-Venise ». Je monte dans le 1er partant, mais, quand il démarre, je constate que je suis dans la mauvaise direction…il m’emmène à Venise…Je vois le contrôleur, lui explique, et descends au 1er arrêt pour revenir à Milan.
Cette fois, cette galère ci commence même à me faire rire, je suis désespéré de ce pays.
De retour, je prends cette fois le bon train…Je finis par arriver à Bâle, puis je change de train pour rejoindre Strasbourg. C’est avec un gros soulagement que je passe enfin la frontière française, je me sens enfin de retour chez moi.

Epilogue:

Le chemin fut très particulier, mais ce fut aussi ma 1ère vraie expérience du trekking à vélo.
Avec le recul, je me dis aujourd’hui, que partir dans un pays de footeux en pleine coupe du monde, n’était pas une super bonne idée, quand je repense à l’accueil italien. Que l’Italie est dangereuse pour les vélos…car les italiens conduisent très près des cyclos. Qu’ils devraient aussi faire un peu d’efforts pour les langues étrangères…car, j’ai du parler « italien » du début à la fin. J’ai rarement utilisé mon anglais, et encore moins mon allemand, mais un grand merci à mon guide de conversations franco-italien.
Mais, il n’y a pas que du négatif, sinon, je ne serais pas reparti…J’ai appris beaucoup sur moi-même. J’ai découvert une pugnacité dont je n’avais même pas conscience. J’ai compris que « rien ne sert de s’énerver », car çà gâche tout les bons moments de la journée. J’en ai retenu que les frontières sont « bidons », et que je suis un citoyen du Monde avant tout. Le monde est devenu mon jardin, et je ne prétends qu’au 2m² par nuit (la place que j’occupe quand je dors), que ce soit ici ou ailleurs. J’ai aussi gardé en mémoire, cette journée du 15 juillet, où dans la tiédeur de la soirée, je traversais la Toscane. Je me rappelle de ce sentiment de plénitude de ce moment là, du paysage avec les maisons de maitre dont l’allée principale était bordée de grands arbres. Et surtout de cette nuit, noire expresso, où sous les étoiles je me suis fais un super délire. J’ai découvert un autre monde avec ce périple, et je suis curieux de voir le reste.
Enfin, j’ai aussi admis que mon vélo resterait à jamais à Rome, et que plus que le bien en lui-même, le plus important restait dans le chemin fait avec. Un objet prend son importance, que par les expériences vécues avec.

PLUS DE PHOTOS ??? ALORS VOIR : https://www.facebook.com/manu.mak.37/photos
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 
Récit du parcours italien (Rome 2006)
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» [André, Jean-Marie] La médecine à Rome
» Le ristretto italien
» Ipanema percolateur 1er groupe Italien
» Italie - Rome - Eté 2007
» Aprilia rsw 250 2006 KS workshop

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Mak Manu RoadTrip :: Roadtrips: Mes débuts :: ROME 2006 :: RECIT-
Sauter vers: