Mak Manu RoadTrip

Mes plus beaux voyages n'étaient pas les plus lointains, mais ceux au bout de moi même.
 
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 Récit du parcours Strasbourg => Mainz 2008

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Mak Manu
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MessageSujet: Récit du parcours Strasbourg => Mainz 2008   Jeu 27 Sep - 22:54

12 Juillet 2008 : Prologue.

Aujourd’hui, je viens de faire un 1er jet du matos pour voir. Pas mal de trucs à prendre, mais il va falloir répartir. De plus, j’ai aussi du matos de DD. En gros çà devrait donner un gros vélo…un « Panzer-rad » ou « Panzerad ». Je trouve le jeu de mot assez marrant pour un vélo aussi blindé. A l’avant, mon sac de guidon isotherme, pour l’eau et ses tubulures. Entre le guidon et moi, mon « road-sac » qui me sert de vide poche pour le portefeuille, le téléphone, etc, ce que j’appelle le « Divers ». Une paire de sacoches à l’arrière pour les outils, les repas, les gamelles, et de l’eau. Un sac sur le porte bagage pour le matériel de pluie et de l’eau. Enfin, ma remorque « cargo II », où j’entrepose, mon sac à dos dans lequel il y aura mes affaires pour dormir, mes vêtements, pharmacie, tente et trousse de toilette. Bref, çà fait beaucoup, mais j’ai prévu de la place. Le « Roadbook » est prêt, les cartes aussi et encore 700km à faire en 7 jours, car, je devrais être de retour rapidement, pour repartir en vacances avec ma famille. Bref, je dois encore faire réviser le vélo et la remorque, je dois prévoir le billet de train retour. J’ai fais deux plan d’étapes, avec une vision optimiste (130-150km/jr) et une autre moins prétentieuse à 100-120km/ jr. Je pense que je vais essayer d’osciller entre les deux versions. J’attends encore du matériel, comme mon super klaxon à air comprimé, mon sac isotherme, des tubulures. Mais j’ai encore le temps de voir venir.

De retour du travail, je vérifie mes comptes…çà va être tendu et comme d’habitude, je vais partir avec pas grand-chose en poche. D’un autre coté, je viens d’être admis à mon école ce qui me redonne le moral et me fais un souci en moins. N’empêche, que je vais devoir bien gérer, car même pour des vacances « économique » le budget est conséquent pour moi. Cependant, je me débrouillerai, comme je l’ai toujours fais. Sinon, j’ai émis un projet pour l’année prochaine, un Strasbourg-Brest avec Marie, à voir…j’ai l’idée, mais pas encore le tracé définitif. Ce parcours jusqu’à « Dam » va me permettre de voir ce que donne la remorque, les points positifs, et les points négatifs aussi. Mais je sais déjà que je vais devoir me trouver un autre vélo, et des sacoches de marque pour compléter mon matériel en vue de cette traversée française. Trêve de tergiversations, je dois d’abord faire Strasbourg-Amsterdam d’abord.

27 Juillet 2008
Je suis à quelques jours du départ, et tout est quasi prêt. Reste le PQ, la trousse de toilette, et les outils à ranger, le vélo lui est prêt. Le « Panzerad III » à fier allure, la remorque, le klaxon, chargé ainsi, çà ressemble plus à un tank qu’à un vélo. Me voilà prêt pour traverser les Ardennes. Pourtant, j’ai l’étrange impression d’oublier quelque chose, mais je ne sais quoi. Je repense à tout, mais je ne vois rien. Je repasse tout en revue, et pour un délire de 7 jours, je pars comme si je partais des mois…Je commence à être anxieux, fébrile, pressé de partir, les chevaux piaffent sous le capot de mon torse. Pas de nouvelles du Compère, et j’ai pas mal de choses à lui dire, à mettre en place, mais il se manifestera bientôt.

1Er Aout 2008: Strasbourg => Rheinstetten.
102km.

Aujourd’hui c’est le grand départ, et DD arrive à 10h à cause d’une panne de réveil…voilà qui commence bien.



J’essaye pour la 1ère fois ma remorque qui commence déjà à bien me faire « chier »…Trop lent, çà tire vers l’arrière, je dois pousser comme un âne sur les pédales, et je n’avance pas…c’est déjà la « merde ». On passe par Kehl, et on décide de suivre le Rhin…or, on se retrouve dans des impasses au bout de digues, on fait demi tour, on repart à la recherche du Rhin plus loin, et à nouveau les impasses…Finalement à midi, on se pose pour manger, et je suis déjà bien ko…La remorque m’épuise, et je constate que …j’ai déjà crevé !!!
Une roue de la remorque est complètement explosée…chambre à air et le pneu aussi…je ne sais même pas sur quoi j’ai roulé pour en arriver là. Du coup, c’est décidé, je balance cette merdouille à Rastatt où j’appelle la copine de DD qui vient récupérer le fardeau avec sa voiture. Super la 1ère journée !!! Je passe donc mon sac à dos sur le porte bagage enveloppé dans un gros sac poubelle noir pour le protéger de la pluie. C’est le grand retour du « Cyclo-Clodo ». Je laisse aussi au passage quelques autres affaires devenues inutiles. Je comprends qu’elle rigole la Miss, là pour le coup, j’ai vraiment l’air couillon…
Enfin, je ne sais pas pourquoi, mais on doit quitter une rive du Rhin, pour aller sur l'autre, avec une barge...quoiqu'il en soit, on a pas le choix la route plonge dans l'eau...



Finalement, on reprend la route allégé, et déjà c’est beaucoup mieux. Cependant, je sens que çà tire dans le genou droit. Le soir, on trouve un coin sympa près de Rheinstetten au bord d’une rivière dans les champs. On se pose, crevé, quasi mort. DD lui va se laver dans la rivière, quant à moi, je trouve un petit potager avec une pompe à eau. Alors qu’il galère à travers les ronces et les orties pour accéder au cours d’eau, je me lave à la pompe. Un bon repas, un brin de musique, et voilà la pluie qui s’invite. Heureusement, la tente est montée.



DD, lui a acheté une tente basse, en tunnel. Mais comme il a un grand gabarit, il a de la peine à se tourner dans son « logement ». Un repos bien mérité, j’ai besoin de réconfort, d’un massage, je pense à Marie, et je me dis que rien ne va comme prévu. Demain faudra rattraper le temps et les km perdus, j’espère que la météo sera plus cool, et que l’on avancera correctement cette fois ci. Je suis loin de la configuration parfaite…va falloir encore y travailler.

2 Aout 2008 : Rheistetten => Worms.
107km.

Réveil tôt ce matin à 7h avec un bon gros petit déjeuner jusqu’à 9h…Pendant la nuit, je me suis réveillé vers 4h et j’ai observé les étoiles briller. Un beau spectacle, même si la pluie est revenue par la suite. Oui, ce matin les tentes étaient humides et celle de DD n’est pas hyper étanche, et elle condense pas mal aussi…un séchage pendant le petit déjeuner était bien nécessaire. On remballe puis on cherche le chemin...comme hier. On perd du temps des km, et je perds aussi mon DD…On se retrouve finalement, et on décide de se faire une pause plaisir dans un « sport halle », pour manger une pizza.



Çà redonne un brin d’énergie, et on galère pour rejoindre Mannheim. Cul de sac, aller-retour, crevaison…c’est la misère. Un certain raz le bol commence à s’installer, et face à ces erreurs d’orientation, on décide d’acheter une carte routière dans une station service, où l’on en profite pour refaire la pression aussi. On avance mieux. Enfin les km défilent et je ne sais pourquoi, mais la pression est à refaire régulièrement. On trouve une autre station service, mais…on n’arrive pas à monter au 5 bar, car la pression est bridée pour ne pas éclater les pneus des voitures. Bref, on repart avec moins de pression qu’à l’arrivée…encore une galère supplémentaire. On fait des courses aussi par deux fois, car on ne trouve pas tout ce que l’on veut, et plus çà va plus j’ai mal au genou…et çà aussi çà commence à faire « chier ». Finalement, ce chemin n’est pas si facile que je l’avais pensé…c’est pire que çà, c’est quasiment affreux. Le chrono tourne et cette contrainte horaire me pèse de plus en plus. Finalement on passe Ludwigshafen, et peu avant Worms, on trouve un grand parc dans le style de « l’Orangerie » à Strasbourg pour y passer la nuit. Au milieu se trouve un grand lac, et les joggeurs font leur footing autour. On est tellement fatigué que l’on s’installe près de tables en bois, on monte les tentes.



On va se laver dans le lac, cuisinons sur la table, s’installons « comme à la maison ». Le cadre est sympa, et pour une fois on est bien content. On souffre, mais on apprécie d’autant plus ces moments là, quand tout va mieux. C’est aussi çà la vie, on ne peut apprécier les choses simples que si on a connu les galères avant. Les crevaisons de DD, ma remorque, certes des misères, mais ce sera de bonnes anecdotes une fois de retour à la maison. On rit de nos mésaventures, et on sait que ces moments sont uniques et nous lient DD & moi. J’aurai voulu que Marie, soit avec nous, mais le prix est cher payé…aurait elle surmonté cela ??? Il aurait fallu qu’elle soit là pour le savoir.
On est tellement assommé par tous ces événements que l’on attend le prochain avec un certain sens de l’ironie, d’auto dérision. Tout est très intense en émotion, c’est une drôle de vie, mais on savait dans quoi on s’engageait. C’est le jeu…rien de plus, alors, on se la ferme, et on avance.

3 Aout 2008 : Worms => Mainz.
??? km

La nuit fut tranquille, personne n’est venu nous embêter et tant mieux. Les joggeurs été déjà là, ils tournent et nous font « bonjour » quand on sort la tête de la tente. On prend notre petit déjeuner, et là…DD renverse le réchaud à 10 cm de ma tente !!! Un bon coup de stress, qui lui vaut une belle engueulade. Bon, je suis aussi responsable, j’aurai dû mettre le réchaud plus loin encore. Après cet épisode, on prend la route. Comme le retard s’accumule, et que cette foutue contrainte d’être arrivé le 7 à Amsterdam est inévitable, on décide donc de couper via les vignes en espérant combler ainsi notre lenteur. Quelle drôle d’idée…j’y avais pas pensé plus tôt, mais les vignes sont sur des coteaux, donc çà monte et le vent est bien présent, mais ne nous aide pas. On passe à coté d’éoliennes, qui rompent le silence avec le bruit des dynamos qui chargent.




Dans un petit village, on fait notre pause de midi, à coté de l’église et du cimetière, afin de trouver de l’eau. Un habitant nous voyant, commence la conversation, et nous offre une bouteille de vin de la région, pour nous redonner du moral, sympa. On poursuit dans les vignes, çà monte puis redescend, remonte, et mon genou me fait de plus en plus mal. J’ai beau essayer de le soigner avec des anti inflammatoires, je sens la tendinite venir…du moins, elle est là, mais je persiste. DD, lui est un peu à la traîne, et après une descente à fond sur un chemin caillouteux, je l’attends en bas, à un arrêt de bus. J’attends…encore, et encore.
Je vois finalement arriver mon compère poussant son vélo, et râlant.



Au bilan : pneu arrière crevé, pédale foutue, pédalier cassé… pour lui, tendinite pour moi, plus le temps d’arriver à l’heure à Amsterdam…
On réfléchit, on prend le temps d’évaluer la situation. Le constat est sans appel : Echec de la mission. On repart tant bien que mal, et on cherche alors un moyen de rentrer chez nous. On trouve une gare quelques km plus loin, prenons un train pour Mainz, afin de rejoindre une grande ligne qui nous ramènerai sur Strasbourg.
Une fois à Mainz, je me renseigne au guichet pour connaître les différentes possibilités, et j’apprends que le prochain train est le lendemain. Il est tard, on mange un kebab sur la place de la gare et on se cherche un coin où dormir. On descend vers le Rhin, et on voit sur la rive opposée, un coin susceptible de nous accueillir pour la nuit. On cherche le pont qui nous fera traversée, et on arrive sur Wiesbaden. Là, on trouve ce coin, mais c’est un grand parc, et le seul « logement » acceptable est un terrain de jeu pour enfants qui ressemble à un bateau.
On s’y installe à la nuit tombée, afin de ne pas se faire trop remarquer, par les « marginaux » aux alentours. Bref, une couverture de survie sur le sable, on est dans la soute du bateau. Un petit endroit que l’on aménage confortablement, en attendant le train demain à 6h. On y est bien, on s’endort d’un œil seulement.



Au milieu de la nuit, je me réveille…le bateau prend l’eau. Les lattes de bois du pont supérieur sont espacées, et laisse passer la pluie…Je bouscule mon compère, et lui dit que l’on doit quitter le navire…C’est sous un gros orage avec une pluie démentielle, que l’on rejoint un abri à quelques centaines de mètres, sans prendre le temps de ranger quoique ce soit. On embarque tout tel quel, la pluie redouble d’intensité, je fais des aller retours, pour rassembler nos affaires. On partage cet abri avec un clochard plus malin que nous qui s’était installé là bien avant. Dépités, on range nos sacs de couchages trempés, nous réchauffons avec un café, et attendons que le déluge passe et que l’heure du départ sonne. On est assommé par ces événements qui s’acharnent sur nous, et on ne souhaite qu’une chose ; rentrer à la maison, être au chaud, une bonne douche, le confort habituel nous manque. Enfin, il temps de quitter l’abri et le clochard qui n’a pas bronché d’un pouce, on rejoint la gare sous la pluie, et prenons, le train. Celui-ci à une correspondance au Luxembourg, de 2 heures…ce qui nous laisse le temps de faire sécher nos affaires, de nous restaurer le ventre et le moral aussi. On parvient quand même à rejoindre Strasbourg en début d’après midi, crevé, déçu par notre échec, mais on sait que l’on vient de vivre sera une expérience qui nous servira de leçon. On apprend de nos échecs plus que de nos réussites, je dirais. Bref, cette fois c’est clair, j’ai encore beaucoup à apprendre, je suis loin d’être prêt pour traverser la France. Je ferai moins le malin maintenant, mais je ne lâcherai pas prise…je repartirai plus tard, promis, je finirai ce que j’ai commencé, et même si je dois me replanter, je recommencerai encore et encore, jusqu’à y arriver…


PLUS DE PHOTOS ??? ALORS VOIR : https://www.facebook.com/manu.mak.37/photos
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